Le logement neuf reprend, la construction reste sous tension

Dans sa note d’octobre 2026 sur la conjoncture de la filière construction, le réseau des CERC confirme le redémarrage des mises en chantier de logements. Une embellie qui reste toutefois isolée : travaux publics, entretien-rénovation, matériaux et emploi continuent d’évoluer dans le rouge.

Dans sa note n°146 (13 octobre 2026) sur la conjoncture de la filière construction, le réseau des CERC analyse, comme chaque mois, les évolutions de l’activité et de l’emploi au cours des trois derniers mois et sur un an, globalement et par région.

La reprise du logement neuf se confirme

Le redressement des mises en chantier de logements se consolide. Sur les trois mois achevés fin août, leur nombre progresse de 22,3 % par rapport à la même période de 2025. Sur douze mois, la hausse atteint désormais 19,9 %, avec plus de 300 000 logements commencés. Le rebond est particulièrement marqué dans l’individuel pur.

Les indicateurs avancés invitent cependant à la prudence. Les autorisations de logements reculent de 7,6 % sur trois mois, même si elles restent en progression de 4,8 % sur un an. La commercialisation demeure également difficile : au deuxième trimestre, les réservations de logements neufs par les particuliers diminuent de 2,2 % et les mises en vente de 6,5 %. Du côté des investisseurs institutionnels, les réservations en bloc baissent de 10,7 %.

L’activité reste fragile dans le reste du bâtiment

Le non-résidentiel présente un tableau plus contrasté. Les surfaces de locaux mises en chantier diminuent de 2,7 % sur trois mois à fin août, mais progressent encore de 4,1 % sur douze mois. Les autorisations se replient, pour leur part, de 5,9 % sur trois mois et de 4,7 % sur un an.

Dans l’entretien-rénovation, le ralentissement s’accentue. L’activité recule de 3,3 % en volume au deuxième trimestre, après un premier trimestre déjà orienté à la baisse. Les carnets de commandes représentent toutefois 13,9 semaines de travaux en moyenne, soit 0,6 semaine de plus qu’au trimestre précédent, malgré un niveau inférieur de 0,7 semaine à celui observé un an plus tôt.

Les travaux publics s’enfoncent

La situation demeure particulièrement dégradée dans les travaux publics. Sur les trois mois achevés fin août, les travaux réalisés reculent de 9,3 % par rapport à l’année précédente. La contraction est beaucoup plus forte encore pour les marchés conclus, en chute de 34,4 %. Sur douze mois, les baisses atteignent respectivement 5,7 % et 23 %.

Aucun retournement ne se dessine encore dans les carnets de commandes. Au deuxième trimestre, les entreprises font état d’une situation inférieure à la tendance de longue période dans toutes les régions. Les heures travaillées par les salariés permanents accentuent également leur baisse au cours des derniers mois.

Emploi et matériaux toujours orientés à la baisse

La faiblesse de l’activité continue de peser sur l’emploi. À la fin du deuxième trimestre, la construction compte 1,58 million de salariés, soit 22 500 de moins en un an. Depuis le point haut atteint fin 2022, le secteur a perdu 77 500 emplois salariés. Le recours à l’intérim se contracte parallèlement de 4,9 % au deuxième trimestre.

L’industrie des matériaux ne montre pas davantage de signe de reprise. Sur trois mois à fin juillet, la production de béton prêt à l’emploi chute de 7,7 % et celle de granulats de 4,6 %. Les évolutions sur douze mois restent également négatives, respectivement de 3,3 % et 2,9 %.

Seule la dynamique entrepreneuriale apporte une note plus favorable, portée par la progression de 21,4 % des créations de micro-entreprises sur trois mois. Hors micro-entreprises, les créations diminuent cependant de 1,8 %. Les défaillances amorcent de leur côté un léger recul, de 1,9 % au deuxième trimestre.

Le réseau des Cellules économiques régionales de la construction (CERC)

Les observatoires régionaux de la filière Construction (CERC) produisent de l’aide à la décision pour un partenariat large d’acteurs locaux : actualité, analyse, suivi des marchés, prospective, veille économique, mesure de l’impact des politiques publiques. À ce titre, ils analysent la conjoncture économique de la branche aux niveaux régional et national.

Le Réseau CIBTP produit chaque année des indicateurs destinés à être publiés ou à servir des analyses statistiques. Ainsi, les analyses du réseau des CERC s’appuient notamment sur de nombreuses données fournies par le réseau CIBTP parmi lesquelles des données relatives aux entreprises adhérentes, aux salariés mais aussi aux entrées et sorties de la branche.